NONNATIVE – S/S 2026 – TROOPER LACE UP BOOTS
Il y a 4 jours
Alors, un morceau très très bon de Rap français, c'est si rare. D'autant plus quand c'est bien écrit et que musicalement çà tient plus que la route. Donc, Ô Vous, auditeurs perdus dans le ventre mou et putride d'un rap français fade est mourrant, delectez vous. 20Syl et Kohndo vous offrent "Du Sable Sur Les Paupières", un titre purement positif, allant de l'avant, vous poussant à vous réaliser. C'est Soul à souhait, 4 minutes de légèreté et de bonnes vibrations. Merci aux deux messieurs! Et le titre est dispo sur le sampler du magazine Tracklist fêtant son 5ème anniversaire. J'espère que çà sortira en maxi ou autre...
Réecouté plusieurs fois sur le chemin du taf l'album d'Abd Al Malik, "Gibraltar". J'en avais déjà parlé, mais les textes sont vraiment forts, intelligents, impregnés d'émotions, contemporains. Ce mec mérite plus d'exposition, sans doute beaucoup plus que le discours bateau d'un Kery James. Des morceaux comme "Gibraltar", "Les Autres", "Soldats De Plomb", "Mourir à 30Ans", "Saigne" ou encore "Il Se Rêve Debout" sont simplement beaux, même dans leur eventuelle tristesse. Des histoires, des faits divers, des reflexions, introspections sur la vie, nous, vous et lui, ou moi. Chacun peut aimer, au delà des goûts musicaux je pense, vu qu'on est plus proche du Slam que du Rap. Et l'album enterre artistiquement Grands Corps Malade et son Midi 20, insipide, je le rappelle. Mais c'est un album qui s'écoute dans son entiereté, l'oreille attentive... Une fois encore, prenez cet album, il en vaut la peine.
Vu la Saison 1 de Rome. Tuerie. Très bonne VF pour une fois. Histoire, intrigues, politiques, barbarie, sexe, décadence, trahisons. Le cocktail est passionant, si tant est qu'on soit interessé par la toile de fond. Le niveau est quand même très au-dessus des séries habituelles, ou alors je mettrais Deadwood au même niveau d'excellence. Les acteurs sont tous très justes, et l'ambiance plus que réussie. À recommander...
Rayon BD. Comics plus précisemment, le 3ème tome de The Goon est sorti, et putain que c'est bon. C'est vraiment spécial, un ton et un humour particulier, un gros côté Z-Movie assumé, decomplexé et complètement barré. C'est bourré de persos tous aussi improbables les uns que les autres, de scénarios loufoques, et on a même droit à un passage de l'ami Hellboy, le temps d'un épisode face à des pieuvres communistes (!). Oui, oui, c'est barré, mais c'est rudement bon. Eric Powell, au scénar comme au dessin, a sans doute créer une nouvelle icône des comics avec ce Goon. Si vous aimez les zombies, les prêtres vaudou, les gros monstres à la Warner, les bonnes grosses castagnes, les répliques incongrues mais géniales, Hellboy donc, et si vous avez envie de lire autre chose que du super-héros en costume, du mangas surexcité ou du franco-belge, bah essayez moi The Goon!
Quand Michel Gondry se décide à filmer la scène Hip Hop/Soul U.S. rassemblée sous l'égide du roi du stand-up Dave Chapelle, on ne peut en attendre que de bonnes choses. Et l'attente est bel et bien récompensée avec ce Dave Chapelle's Block Party!
Le duo d'Atlanta est de retour, une fois de plus, pour apporter un vent de fraîcheur et d'originalité sur la musique Hip Hop. Comme sur leur double album précédent, Big Boi et André 3000 nous gratifient essentiellement de morceaux solo, chacun dévellopant son univers. Les deux singles "Idlewild Blues" et "Morris Brown" sont de parfaits exemples de ce parti pris artistique, et l'efficacité et le plaisir d'écoute sont plus que jamais au rendez-vous. Les styles différents de nos deux trublions permettent à l'album d'avoir à la fois un visage très moderne, mais aussi bourré d'une musicalité datée mais jamais périmée (harmonica, trompette, piano). A noter que cet album est la B.O. du film éponyme qui retracera les tribulations de deux artistes des années 30, evidemment jouées par Boi et André.
Jay Dee n'est plus, mais celà ne l'empechera pas de nous livrer ce dernier album, sorte de retrospective des chemins musicaux qu'il a exploré lors de sa glorieuse carrière. Le niveau est bien là, très haut-dessus de la moyenne, peut-être en deçà de ce qu'il aurait pu être, terminé à temps. Mais l'essentiel est là, le son de Jay Dee aka J Dilla résonne une fois de plus dans nos tympans, et l'on ne s'en plaindra certainement pas. De nombreuses bombes parcèment le disque, visité çà et là par de fameux collaborateurs de Dilla : Common, Madlib, Busta Rhymes, D'Angelo, Dwele, et j'en passe... Difficile d'en tirer un morceau, tellement c'est bon, mais "E=MC2", "So Far To Go" ou encore "Jungle Love" sont des tueries. Bref, j'adore.
Venus des limbes de l'underground U.S., les trois texans de Strange Fruit Project débarquent enfin avec un album qui, au vu de sa qualité, risque de leut ouvrir les portes de la renommée. Toujours dans des ambiances jazzy/soul et épaulés par des beatmakers de calibre comme 9th Wonder, Nicolay ou Illmind, les SFP nous offrent un vrai bon album. Cohérent de bout en bout, frais et musical, cet opus les place d'emblée dans la lignée composée de groupes comme A Tribe Called Quest, Slum Village, Little Brother, etc... A noter les présences bienvenues mais pas envahissantes d'Erykah Badu, Little Brother ou Darrien Brockington. Un album à recommander pour tous les fans de Kweli, Common ou Slum Village... Vraiment bon!
Tadd Mullinix, mieux connu sous le nom de Dabrye, après s'être forgé une solide réputation de beatmaker innovant via diverses sorties de qualité, arrive enfin avec un long format. La claque est bel et bien là, notamment avec les deux énormes bombes (déjà connues avant la sortie) que sont le redoutable "Game Over" avec Jay Dee et Phat Kat et l'énorme (oui!) "Air" avec MFDoom. A eux deux, ces morceaux justifient déjà l'achat d'un album qui pourtant regorge de petites perles, instrumentales ou visitées d'un MC toujours excellent. Des rythmiques et des découpages souvent surprenants et toujours bien kiffants, des sonorités parfois étranges mais chaque fois géniales, voilà un véritable renouveau! Ne soyez pas frileux, écoutez!!!
Les rois incontestés du Hip Hop acoustique sont, eux aussi, de retour pour exposer leur théorie. On obtient là un album comme toujours très au point musicalement, notamment au niveau des rythmiques imparables de l'excellentissime batteur ?uestlove. Le MC, Black thought, est quand à lui habité et passionné, nous livrant un discours teinté de revendications et de messages (critique des médias U.S., visions d'une société bancales, hommage à Jay Dee). Un album à ecouter dans son entièreté (en même temps, c'est quasi valable pour tous ceux dont je parle), qui force une fois de plus le respect pour un groupe dont la réputation n'est plus à établir, et pour qui les frontières musicales sont intangibles.Copyright © 2006-2010 by Rip Laimbeer a.k.a Ripklaw