samedi, septembre 30, 2006

Des vibes en Live!

Voici une petite vidéo de l'ami Réel Carter en concert, tirée des "Soul Beats Sessions" où le chanteur NuSoul Rony avait invité des MC's à le rencontrer dans une atmosphère live et acoustique avec la formation 7Sonic. Voici donc deux morceaux de Carter: "Amour Suprême" puis "Monde Décalé". Enjoy!

mercredi, septembre 27, 2006

Yo! MTV Rip?

Ok, alors aujourd'hui voici le dernier clip de Rachid Wallas, "J'tape à l'envers". C'est le troisième morceau clippé de l'album Street Cradibility. Celui-là a le mérite de rompre les habitudes clipesques que peuvent avoir les rappeurs français en général, et nous propose un univers complètement décalé, flirtant avec Burton, Freaks et Old Boy, entre autres... Sinon, je rappelle que l'ami Wallas est de Nancy (!) et qu'il sera présent sur mon album (le morceau est en écoute sur mon myspace), quand ce dernier voudra bien sortir (...). Enjoy!






dimanche, septembre 17, 2006

Life goes on...

Bon, Okay, j'ai tendance à voir les choses en gris par moments... Mais pour me rattraper de l'article précédent, passons en revue quelques "trucs" qui m'ont bien plu dernièrement. Pêle-Mêle...

Alors, un morceau très très bon de Rap français, c'est si rare. D'autant plus quand c'est bien écrit et que musicalement çà tient plus que la route. Donc, Ô Vous, auditeurs perdus dans le ventre mou et putride d'un rap français fade est mourrant, delectez vous. 20Syl et Kohndo vous offrent "Du Sable Sur Les Paupières", un titre purement positif, allant de l'avant, vous poussant à vous réaliser. C'est Soul à souhait, 4 minutes de légèreté et de bonnes vibrations. Merci aux deux messieurs! Et le titre est dispo sur le sampler du magazine Tracklist fêtant son 5ème anniversaire. J'espère que çà sortira en maxi ou autre...

Réecouté plusieurs fois sur le chemin du taf l'album d'Abd Al Malik, "Gibraltar". J'en avais déjà parlé, mais les textes sont vraiment forts, intelligents, impregnés d'émotions, contemporains. Ce mec mérite plus d'exposition, sans doute beaucoup plus que le discours bateau d'un Kery James. Des morceaux comme "Gibraltar", "Les Autres", "Soldats De Plomb", "Mourir à 30Ans", "Saigne" ou encore "Il Se Rêve Debout" sont simplement beaux, même dans leur eventuelle tristesse. Des histoires, des faits divers, des reflexions, introspections sur la vie, nous, vous et lui, ou moi. Chacun peut aimer, au delà des goûts musicaux je pense, vu qu'on est plus proche du Slam que du Rap. Et l'album enterre artistiquement Grands Corps Malade et son Midi 20, insipide, je le rappelle. Mais c'est un album qui s'écoute dans son entiereté, l'oreille attentive... Une fois encore, prenez cet album, il en vaut la peine.

Vu la Saison 1 de Rome. Tuerie. Très bonne VF pour une fois. Histoire, intrigues, politiques, barbarie, sexe, décadence, trahisons. Le cocktail est passionant, si tant est qu'on soit interessé par la toile de fond. Le niveau est quand même très au-dessus des séries habituelles, ou alors je mettrais Deadwood au même niveau d'excellence. Les acteurs sont tous très justes, et l'ambiance plus que réussie. À recommander...

Rayon BD. Comics plus précisemment, le 3ème tome de The Goon est sorti, et putain que c'est bon. C'est vraiment spécial, un ton et un humour particulier, un gros côté Z-Movie assumé, decomplexé et complètement barré. C'est bourré de persos tous aussi improbables les uns que les autres, de scénarios loufoques, et on a même droit à un passage de l'ami Hellboy, le temps d'un épisode face à des pieuvres communistes (!). Oui, oui, c'est barré, mais c'est rudement bon. Eric Powell, au scénar comme au dessin, a sans doute créer une nouvelle icône des comics avec ce Goon. Si vous aimez les zombies, les prêtres vaudou, les gros monstres à la Warner, les bonnes grosses castagnes, les répliques incongrues mais géniales, Hellboy donc, et si vous avez envie de lire autre chose que du super-héros en costume, du mangas surexcité ou du franco-belge, bah essayez moi The Goon!

Bon voilà, fin du week-end, début de semaine. Donc bonne semaine à tous! Peace.

Sunday Night's Spleen...

C'est quand même un truc de fou, ce blues qui me gagne chaque dimanche soir que Dieu fait, et qui revient inlassablement, sans que je puisse y faire grand chose. C'en est même agaçant, été comme hiver, seul ou accompagné, rien n'y fait, le blues me gagne en début de soirée, inexorablement.

Quand j'y pense, je me dis que çà doit venir de l'enfance, l'appréhension de l'école qui recommence le lundi matin, donc les jeux qui cessent, la fin du week-end oisif et insouciant. J'ai toujours vécu au rythme scolaire, aussi loin que je m'en souvienne, ma chère maman étant dans l'éducation nationale, et étant moi-même resté dans ce même carcan. Mon année à moi ne commence pas en Janvier, mais bien en Septembre, et Juillet/Août sont une sorte de week-end à l'échelle annuelle, dont je ne saurais me passer. Bref, le dimanche soir c'était "ranges tes jouets", "prépare ton sac", "t'as bien fait tes devoirs?", "on regarde pas le film trop tard, demain on se lève", etc...

Et aujourd'hui, je reproduis inlassablement le même cycle... Demain, "y a école", même si je suis de l'autre côté de la barrière, maintenant. Et puis, aujourd'hui, il fait gris, il pleut, il fait froid... Les jours raccourcissent inéluctablement et c'est cette lumière jaunâtre et artificielle qui va accompagner la fin de mon week-end. On a beau passer sa journée en essayant d'oublier demain, du genre "carpe diem", çà marche pas. Je me passe telle ou telle zik, ce sont les pneus des voitures épousant la chaussée mouillée qui rythment ma journée. Je lis un ou deux comics pour m'évader, mais c'est le ciel gris qui s'imprime dans ma rétine.

Non, rien n'y fait, le dimanche soir, je navigue entre souvenirs tristes et appréhension du lendemain. En fermant les yeux, je vois des gens morts comme le môme de 6ème Sens. Ils me sourient, mais ne sont plus là, et c'est tout ce que je retiens. Et puis, cette routine qui me hante, c'est elle qui finalement me gâche ce dimanche soir. Je me verrais tellement mieux arpentant l'asphalte New-Yorkais ou le sable d'une quelconque plage espagnole... Juste changer le quotidien, me dire que ce n'est pas inéluctable, pas programmé. Que ce n'est pas un engrenage, pas un sablier.

Mais, non. Inlassablement, ce dimanche passe en boucle, comme un vieux vinyl rayé. Ce dimanche, c'est un miroir dans lequel je me vois vieillir, perdre mon insouciance, un peu plus à chaque fois. Debout, seul, dans un cimetière où chaque tombe renferme un être cher et perdu, un rêve brisé, un amour déçu. Ce dimanche, c'est ma peur de l'avenir, qui ne se concrétise heureusement qu'une fois par semaine, à sa conclusion, quand je dois en faire le deuil.

Petit, l'un de mes souhaits les plus chers était de stopper le cours du temps. De rester dans mon univers de jeu et mon imaginaire, de ne pas voir partir mes proches, car je savais que le temps qui s'égraine me les enlèverait. Mais mon blues est là pour me rappeler que çà n'est pas possible. Une sorte d'alarme inconsciente, qui me ramène insidieusement les pieds sur terre, de manière hebdomadaire.

Ding! Demain on se lève à 7h, on prend le train, on a pas le temps de déjeuner!

Ding! Demain va gagner de quoi manger, va te frotter à la réalité!

Ding! Demain, t'es banni de ta forteresse cachée pour 5 jours, à Samedi!

Ding! Chaque jour te rapproche de la fin...

Ding!...

Non, décidemment je hais les dimanches.

samedi, septembre 16, 2006

Fête de quartier.

Quand Michel Gondry se décide à filmer la scène Hip Hop/Soul U.S. rassemblée sous l'égide du roi du stand-up Dave Chapelle, on ne peut en attendre que de bonnes choses. Et l'attente est bel et bien récompensée avec ce Dave Chapelle's Block Party!

Le pitch est simple, Chapelle a décidé d'organiser une fête de quartier à Brooklyn, et d'y convier ni plus ni moins que la crème des crèmes. Common (charismatique), Erykah Badu (envoutante), Mos Def (d'un comique insoupçonné), Talib Kweli, The Roots, Dead Prez, Jill Scott, Kanye West, John Legend, The Fugees, et j'en passe! De quoi faire saliver n'importe quel fan...

Donc, on a droit à la naissance de ce concert jusqu'à sa concrétisation, le tout entrecoupé de passages live, malheureusement tronqués, même si çà n'enlève rien à notre bonheur de voir tous ces artistes s'exprimer, qui plus est avec un groupe acoustique derrière. Kanye allant même jusqu'à nous faire un "Jesus Walks" accompagné par une fanfare en intro! Enorme!

Le reste ne se raconte pas, mais s'écoute et se voit. On s'émerveille devant tout ce talent, on rit avec ce malade de Dave Chapelle, on se laisse porter par le souffle "peace, love & havin' fun", souffle qui ne vient que trop rarement effleurer nos sens... Surtout dans la représentation de la culture Hip Hop au cinoche. Un film, qui je l'espère, contribuera à faire tomber les clichés assénés chaque jour par des pantins de la trempe de 50Cent ou autres...

Je ne sais pas si le film, modeste, passe encore ces jours-ci, mais le DVD Zone 1 est déjà trouvable ici et là à la vente.

P.S.: Jetez donc un oeil au site officiel, ICI

lundi, septembre 04, 2006

The Rip's Playlist - Vibe de Juillet/Août 2006


Rentrée oblige, voici une petite sélection de nouveautés plus ou moins fraîches qui ont rythmée mon été ou du moins en ont accompagné la fin. Plutôt du bon, on est plutôt gaté en ce moment avec des gros noms comme Outkast ou The Roots, mais aussi des noms plus obscurs comme Strange Fruit Project ou Dabrye, sans oublier l'irremplaçable Jay Dee...


Outkast - Idlewild
Le duo d'Atlanta est de retour, une fois de plus, pour apporter un vent de fraîcheur et d'originalité sur la musique Hip Hop. Comme sur leur double album précédent, Big Boi et André 3000 nous gratifient essentiellement de morceaux solo, chacun dévellopant son univers. Les deux singles "Idlewild Blues" et "Morris Brown" sont de parfaits exemples de ce parti pris artistique, et l'efficacité et le plaisir d'écoute sont plus que jamais au rendez-vous. Les styles différents de nos deux trublions permettent à l'album d'avoir à la fois un visage très moderne, mais aussi bourré d'une musicalité datée mais jamais périmée (harmonica, trompette, piano). A noter que cet album est la B.O. du film éponyme qui retracera les tribulations de deux artistes des années 30, evidemment jouées par Boi et André.


J Dilla - The Shining
Jay Dee n'est plus, mais celà ne l'empechera pas de nous livrer ce dernier album, sorte de retrospective des chemins musicaux qu'il a exploré lors de sa glorieuse carrière. Le niveau est bien là, très haut-dessus de la moyenne, peut-être en deçà de ce qu'il aurait pu être, terminé à temps. Mais l'essentiel est là, le son de Jay Dee aka J Dilla résonne une fois de plus dans nos tympans, et l'on ne s'en plaindra certainement pas. De nombreuses bombes parcèment le disque, visité çà et là par de fameux collaborateurs de Dilla : Common, Madlib, Busta Rhymes, D'Angelo, Dwele, et j'en passe... Difficile d'en tirer un morceau, tellement c'est bon, mais "E=MC2", "So Far To Go" ou encore "Jungle Love" sont des tueries. Bref, j'adore.
Jay Dee, Rest In Peace.


Strange Fruit Project - The Healing
Venus des limbes de l'underground U.S., les trois texans de Strange Fruit Project débarquent enfin avec un album qui, au vu de sa qualité, risque de leut ouvrir les portes de la renommée. Toujours dans des ambiances jazzy/soul et épaulés par des beatmakers de calibre comme 9th Wonder, Nicolay ou Illmind, les SFP nous offrent un vrai bon album. Cohérent de bout en bout, frais et musical, cet opus les place d'emblée dans la lignée composée de groupes comme A Tribe Called Quest, Slum Village, Little Brother, etc... A noter les présences bienvenues mais pas envahissantes d'Erykah Badu, Little Brother ou Darrien Brockington. Un album à recommander pour tous les fans de Kweli, Common ou Slum Village... Vraiment bon!


Dabrye - Two/Three
Tadd Mullinix, mieux connu sous le nom de Dabrye, après s'être forgé une solide réputation de beatmaker innovant via diverses sorties de qualité, arrive enfin avec un long format. La claque est bel et bien là, notamment avec les deux énormes bombes (déjà connues avant la sortie) que sont le redoutable "Game Over" avec Jay Dee et Phat Kat et l'énorme (oui!) "Air" avec MFDoom. A eux deux, ces morceaux justifient déjà l'achat d'un album qui pourtant regorge de petites perles, instrumentales ou visitées d'un MC toujours excellent. Des rythmiques et des découpages souvent surprenants et toujours bien kiffants, des sonorités parfois étranges mais chaque fois géniales, voilà un véritable renouveau! Ne soyez pas frileux, écoutez!!!


The Roots - Game Theory
Les rois incontestés du Hip Hop acoustique sont, eux aussi, de retour pour exposer leur théorie. On obtient là un album comme toujours très au point musicalement, notamment au niveau des rythmiques imparables de l'excellentissime batteur ?uestlove. Le MC, Black thought, est quand à lui habité et passionné, nous livrant un discours teinté de revendications et de messages (critique des médias U.S., visions d'une société bancales, hommage à Jay Dee). Un album à ecouter dans son entièreté (en même temps, c'est quasi valable pour tous ceux dont je parle), qui force une fois de plus le respect pour un groupe dont la réputation n'est plus à établir, et pour qui les frontières musicales sont intangibles.