mardi, août 15, 2006

Sky Hooks : Les Bleus savent-ils sauter?

Une autre rubrique ouvre ses lignes, avec une jolie bannière en sus pour, disons, une meilleur lisibilité des Soliloques. Alors, Sky Hooks, c'est simple, c'est le nom sous lequel je regrouperais toutes mes petites chroniques à venir sur la Basketball, en grande majorité sur la NBA, mais pas que. Aujourd'hui, c'est sur l'Equipe de France qui s'en va aux Championnats du Monde de Basketball au Japon (l'equivalent de la Coupe du Monde de foot, quoi...), un petit article pour mieux connaître cet armada au fort potentiel de médaillés.

Pour la première fois depuis longtemps, la France affiche un effectif pléthorique, talentueux et à forte teneur NBA. Pour la première fois, cette équipe possède un secteur intérieur (pivots, ailiers forts) véritablement compétitif, à tel point qu'à l'heure où j'écris ces lignes le choix n'est toujours pas arrété sur le nom du dernier intérieur à embarquer pour le Japon. Plutôt que de rentrer dans une analyse rébarbative et trop pointue pour interesser mes eventuels lecteurs (oui, vous!), je vais plutôt faire une présentation non exhaustive de cette équipe talentueuse à l'avenir prometteur.

A tout seigneur tout honneur, j'entamerai donc cette revue d'effectif par Tony Parker. Ce jeune homme, decrié par certains, adulé par d'autres, possède dejà un palmarès que nombre de vétérans NBA lui envient. Deux titres de Champion NBA en tant que meneur de jeu titulaire de son équipe (San Antonio Spurs), ainsi qu'une participation au All-Star Game, le jeune Tony affiche déjà un statut respecté au sein de ligue américaine. Mais qu'en sera-t'il sur les parquets FIBA? Les arbitres lui donneront-ils plus de considérations qu'auparavant? Arrivera t'il à dominer dans un contexte différent? Quoi qu'il en soit, il est l'une des clefs du système offensif Français. Son remplaçant, Aymeric Jeanneau pourra s'averer utile en apportant un style différent et complémentaire, plus classique mais qui pourra s'avérer stabilisateur. N'oublions pas qu'un meneur de jeu reste un pion essentiel sur le terrain.

Sur les ailes, il y a du talent à revendre! Mickael Gelabale, récemment drafté par les Seattle Sonics, va apporter énergie et nervosité dans le backcourt. Il sera lui aussi un atout essentiel, dont le redement offensif peut avoir d'importantes répercussions. On retrouvera aussi le bondissant Mickael Pietrus (Golden State Warriors), dont les prédispositions athlétiques peuvent le rendre extremement dominant dans un contexte mondial. Le jeu spectaculaire de ces deux trublions devrait aussi s'attirer les sympathies du public français, encore trop fervent de basket à mon goût.

Mais la pièce maîtresse de l'Equipe de France au Japon sera sans doute l'homme à tout faire des Phoenix Suns, j'ai nommé Boris Diaw. Ce véritable "all-around player", rappellant fortement des joueurs comme Magic johnson ou Scottie Pippen, est capable de jouer à n'importe quel poste (ou presque), possède un sens du jeu et un altruisme extremement devellopés, et pour ne rien gâcher, est une véritable crème en dehors des terrains. Il débutera à priori les matchs au poste d'ailier fort, comme aux Suns, et risque de coltiner des ténors comme l'allemand Dirk Nowitzki ou l'espagnol Pau Gasol. Mais ce touche-à-tout des parquets risque d'apporter une dimension collective forte à l'ensemble, sans non plus négliger ses fortes capacités individuelles, nouvellement exprimées en NBA. L'on pourra encore compter sur le vétéran Laurent Foirest, dont l'experience et le sang-froid seront un atout non-négligeable dans les moments qui comptent. Et n'oublions surtout pas Florent Pietrus, dont les talents défensifs et intérieurs ne sont plus à démontrer, et ce malgré sa petite taille (1.98m) pour ce genre de boulot, d'habitude confié aux "vrais" grands, spécimens dont la France a longtemps manqué.

Si la taille a longtemps été l'apanage du seul Frederic Weis et de ses 2,18m, il n'est désormais plus seul! Mais attention, Weis reste l'un des véritables baromètres de cette équipe. Il est le pilier, celui sur lequel viendront s'écraser les escadrons adverses, un véritable régulateur. Bref, Fred Weis en forme, c'est une assurance quasi-tout risque. On pourra compter, dans un style différent, sur le puissant Ronny Turiaf, l'ailier fort des Los Angeles Lakers. Son enthousiasme, son envie de jouer et son physique de tank risquent de causer des maux de têtes aux coaches adverses. En effet, sur de courtes séquences, en remplacement de Diaw ou de Weis, il peut ajouter enormément au jeu français. Après, se trouvent en balance deux intérieurs de grande classe bien différents. D'abord Cyril Julian, "The Warrior", vétéran de nombreuses campagnes menées avec succès (médaille d'argent aux J.O. de Sydney en 2000). Le guerrier de Nancy peut apporter expérience, ténacité et rugosité dans la raquette, il a aussi prouvé à maintes reprises qu'il était capable de se frotter aux gros gavarits américains ou autres, bref un joueur clef, une fois de plus, dont à mon sens, le selectionneur ne peut se passer dans ce type de championnat. De l'autre côté de la balance, se trouve le deuxième "géant" français, en la personne de Johan Petro, lui aussi des Seattle Sonics. Plus grand (2,14m) et plus jeune que Julian, il offre à l'équipe de France un deuxième véritable pivot, ainsi que la possibilité d'aligner en même temps sur le terrain deux joueurs de plus de 2,10m. Bref, choix cornélien...

Nous voici donc avec une équipe très compétitive, dont les chances de médaille, comme je l'ai dit, sont plus que probables... Malgré tout, il faudra se méfier de pays comme les U.S.A. evidemment, mais aussi l'Argentine (champion olympique en titre), ou encore la Serbie-Montenegro ou l'Allemagne. Le challenge est relevé mais pas impossible, loin de là! Il y a là une carte importante à jouer pour le basket français, en quête de stars et d'exposition depuis de nombreuses années! Les stars sont bel et bien là, c'est à eux d'attirer les spotlights! Alors comme d'hab', wait & see, mais souhaitons leur bonne chance et courage!

Pour les plus assidus, les matchs seront visibles sur Canal+ et Sport+, et il me semble qu'en cas de présence de la France en finale, la diffusion serait prévue sur France Television.

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